Le stade connecté, un nouveau média pour les clubs de rugby

Stade Charles Mathon (Oyonnax)
Alors que Microsoft France, l’Olympique Lyonnais et l’intégrateur Exakis ont annoncé la signature d’un partenariat technologique dans le cadre de l’exploitation du stade de l’Olympique Lyonnais, les clubs de rugby ont également commencé à aborder le stade comme un média à part entière.

Un nouveau média et de nouveaux revenus à coté des droits médias, du merchandising, du sponsorship et de la billetterie

Le marché du sport est sans doute un des secteurs d’activités le plus révolutionnés par le digital. C’était d’ailleurs un des thèmes forts du CES de Las Vegas avec notamment plusieurs sessions sur le sujet dont celle organisée par Tuner Sport. Il faut dire que le marché de la monétisation du sport continue, selon les études, à enregistrer une croissance supérieure (de 3,5 % en moyenne) à celle de l’économie mondiale. Un marché qui dépasse aujourd’hui au niveau mondial les 150 Mds de dollars et sur lequel le digital est en train de grignoter des parts de marché dans les droits médias, le merchandising, le sponsorship et la billeterie mais aussi de créer de nouveaux canaux comme cela est le cas avec la montée en puissance des stades connectés.

Une enceinte sportive, de spectacle et de services digitaux

Le parc Olympique Lyonnais construit par le club de football de Lyon ne sera pas qu’une enceinte sportive et sera optimisée pour tous les spectacles. Ainsi à l’occasion de son inauguration le 9 janvier dernier, le match de football remporté 4 à 1 par Lyon face à Troyes a été suivi d’un concert des Blacks Eyes Peas. Dans ce stade, qui est désormais la 3ème enceinte sportive de France, financé à 100 % de manière privée grâce à l’énergie et la vision de Jean Michel Aulas, président de l’OL et de l’éditeur de logiciel Cegid, le spectateur pourra bénéficier d’une enceinte sportive abritant des enseignes commerciales et fournissant un certain nombre de services digitaux qui illustrent la nouvelle génération de stades connectés.

Car c’est bien la technologie qui va permettre de donner une autre dimension au spectacle sportif grâce notamment au Wifi, ou encore aux réseaux de type Sigfox, qui couplés à un cloud vont permettre de délivrer des services digitaux sur mobiles ou des objets connectés. Une approche qui nécessite de disposer de partenaires informatiques ou de créer sa propre société de services. Dans le cas de l’Olympique Lyonnais, c’est Microsoft et son cloud qui se sont imposés comme maître d’oeuvre. Comme le souligne Alain Crozier, le président de Microsoft France, dans le Communiqué de Presse lié à cette annonce « Notre partenariat technologique avec l’Olympique Lyonnais pour le développement du parc Olympique Lyonnais constitue une première en France. Il met en lumière le potentiel de la plateforme de Cloud Microsoft Azure et nos solutions Data et IoT. Nous ambitionnons de proposer les plateformes et services les plus innovants afin que les Lyonnais et tous les fans du ballon rond vivent leur passion plus intensément grâce au numérique. » La plateforme cloud de Microsoft va donc servir d’infrastructure informatique flexible à l’enceinte pour le développement de sites et d’applications mobiles.

Et c’est dans ce dernier domaine que l’innovation qui va être proposée aux supporters, désormais spectateurs connectés, sera dans l’avenir la plus significative. Conçue pour offrir aux supporters de l’OL et de l’Euro (on annonce 2 millions de visiteurs annuels) une expérience toujours plus engageante avec le spectacle sportif, l’application mobile du parc Olympique Lyonnais propose différents services : commande d’un sandwich, d’une boisson, d’un menu depuis sa place, achat de son billet, préparation de sa venue au stade, embarquement de son billet de match ou de parking dans son portefeuille électronique, accès aux chaines vidéos live, à des clips en VOD avec option multi caméras ou à des statistiques en temps réel ou encore partage de l’événement en direct via les réseaux sociaux. Des applications qui pourront être logiquement adaptées en fonction de l’événement sportif et qui font du smartphone à la fois un second écran, une plateforme de eCommerce dans un stade qui est aussi un centre commercial et qui permettront une interactivité avec le spectacle sportif grâce aux objets connectés portés par les joueurs. Des services rendus possibles sur le plan technique (lire le très bon papier du MagIT.fr) , dans le cas du stade de Lyon, par le biais de deux technologies : un wifi permettant de supporter 20 000 connexions simultanées, 500 bornes pour utiliser l’application du club et la technologie NFC pour faciliter le paiement sans contact.

Au niveau de ces infrastructures connectées, c’est actuellement Orange, qui dispose d’une entité spécialisée, qui « truste » tous les grands projets sportifs actuels (Bordeaux, Saint Etienne, Lyon, Toulouse) mais qui est aussi un maître d’œuvre très actif sur d’autres enceintes événementielles comme les salles de spectacles et les lieux d’exposition et de rencontres. En revanche l’opérateur semble complètement absent du volet plus à valeur ajoutée concernant les services offerts dans l’enceinte du stade.

Un stade qui devient un éco système digital

Si on peut encore se poser des questions sur la qualité de la bande passante qui sera offerte, en situation réelle, et de son coût notamment pour des applications vidéos, ces stades connectés donnent l’opportunité aux clubs et à leurs partenaires de créer un éco-système digital vertueux. Cela nécessitera une réflexion approfondie sur « le meilleur système » permettant d’exploiter ces services digitaux. Une réflexion qui peut amener les clubs à se transformer en entreprise digitale comme c’est le cas en Angleterre. Ce qui demandera aussi à certains clubs ou salles de spectacles de créer des joint venture avec des agences ou des médias pour monétiser ces audiences. Il faudra savoir innover aussi dans ce domaine pour espérer en retirer une nouvelle source de revenus.

 

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