Les flots bleus stoppés par une infranchissable digue rouge !

Dan Biggar

Ils sont mignons nos petits Bleus ! Ils se sont battus, ils ont tout tenté, mille fois sur le métier ils ont remis leur ouvrage, mille fois ils ont été stoppés net par une défense intraitable des Rouges.

Tout était possible encore à la mi-temps, seulement 6 – 3 en faveur des hommes de Warren Gatland. Alors on y croyait en ces petits jeunes : Chat, Poirot, Camara, Plisson, Jedrasiak, Danty et consorts. Et on y a cru longtemps car lors de la seconde mi-temps, les français ont occupé le terrain gallois, investi le pré rouge, harcelé la défense sans arrêt mais cette défense s’est avérée infranchissable. Les vagues bleues n’ont pas su submergé la digue rouge qui est demeurée debout, intacte, à peine entamée çà et là de quelques fissures inlassablement colmatées par un Faletau ou un Lydiate toujours sur la brèche.

Il faut dire que les coéquipiers de Biggar jouent ensemble depuis de longues saisons et que s’ils ne sont pas vieux ils sont anciens et cela a compté dans ce match où l’expérience galloise a permis de contenir la fougue des hommes de Novès.

Alors voilà, à la 46e minute, encore une offensive bleue qui se meurt comme une vaguelette éreintée et Poirot se plante comme une trop jeune pousse et abandonne un ballon de relance qu’une maladresse de Plisson va offrir en ballon d’essai à North, qui aura d’abord pris de vitesse un Mermoz dépassé. On en est à 16 – 3 puis bientôt à 19 – 3.

On se dit maintenant qu’à cause de cette bévue de Poirot les carottes sont cuites, on repense inévitablement au score fleuve de cet automne contre les Blacks. Mais ces jeunes ont du courage, du mental et ils s’accrochent, ils ne renoncent pas. Le capitaine Guirado tient la barre, haute, et il se jette sans cesse à l’abordage. C’est même lui qui marquera à la 79e minute un essai de teigneux, de combattant, de corsaire.

Certes, la jeune équipe de Guy Novès a perdu cette rencontre mais elle a montré du panache, une mêlée solide, une charnière Machenaud – Trinh-Duc intéressante et un potentiel prometteur.

Peut-être manque-t-il simplement un meneur au verbe haut, une « grande gueule » qui harangue et transcende, un capitaine tout aussi courageux et efficace que le talonneur de Toulon mais avec le charisme d’un Rives, Ibanez ou Galthié.

Le Tournoi n’est pas fini : allez les Bleus !

  • Alain Ortega

    Troisème ligne aile - né le 29/10/1961 (56 ans) à Paris - 1,85 et 90 kgs - clubs : RCC (La Courneuve), CSBM (Le Blanc-Mesnil), Club de Libreville (Gabon) - Equipe universitaire de Paris VIII - vice-champion de France universitaire de Jeu à XIII en 1983.

  • Afficher les commentaires

Vous devriez aussi aimer

France – Argentine : une opposition de style ?

Pendant longtemps, les confrontations France-Argentine pouvaient se résumer à une opposition entre 2 équipes ...