Un point c’est tout !

L’Equipe de France de rugby a joué ce dimanche un excellent match de rugby.

Et elle a perdu d’un point, c’est tout !
C’était normal et prévisible. En effet, les Bleus sont les champions du monde de la constance dans l’irrégularité et dans, justement, l’imprévisible. Un bon match, un match exécrable ; un naufrage contre les Iles Tonga, un exploit contre l’Angleterre ; un tout petit match timide contre le Pays de Galles et une rencontre sérieuse, immense et belle face à des Blacks apeurés et incrédules. C’est là notre force : ce manque de régularité qui fait mentir les pronostics et pleurer les bookmakers. C’est là qu’on est champions du monde, dans cette suite d’exploits et de déceptions, dans ces parcours incertains, ces rencontres troublantes, ces aléas de jeu… et c’est pour ça que les autres équipes nous craignent. Elles savent bien qu’après la plus humiliante des défaites, nous joueurs peuvent battre la meilleure équipe du monde.

Et elle aurait pu le faire, notamment grâce à un cinq de devant conquérant et qui a su se faire respecter ; grâce à une très belle troisième ligne : un Harinordoquy aérien, un Bonnaire rugueux et un Dusautoir bondissant ; mais grâce aussi aux joueurs de derrière qui ont opposé un mur blanc face aux Blacks, un barrage contre le pacifique et ses hommes de talent, peu habitués à ce que leurs vagues s’échouent lamentablement. Je pourrais entrer dans le détail des noms et de ce que chacun a fait. C’est inutile. Ils ont tous été beaux, ils ont été fiers, ils ont été dignes de ce qu’on attendait d’eux. Ils ont ravi leurs supporters et étonné leurs détracteurs. Ils ont hissé la France là où elle doit être dans le royaume d’Ovalie, au sommet.

Certes, on aura des regrets, parfois des larmes de ce point qui nous a manqué mais là n’est pas l’essentiel. Il se trouve ailleurs, dans les valeurs d’abnégation, de remise en question, de courage, de volonté, d’acceptation de la souffrance, d’affrontement, de vaillance. Et ces exploits touchent au sublime car s’ils sont réalisés par quelques-uns, ils deviennent du plus grand nombre et ils irradient de leur force tous ceux qui iront y puiser leur énergie pour affronter le quotidien.
Et c’est ainsi que ces défaites d’un rien, d’un souffle, d’un imperceptible battement d’ailes de papillon sont grandes !

Et c’est ainsi que l’Equipe de France de rugby nous a offert un beau moment d’émotion et nous a rendus, l’espace de quelques courses et de quelques plaquages, un peu plus forts et un plus beaux.

  • Alain Ortega

    Troisème ligne aile - né le 29/10/1961 (56 ans) à Paris - 1,85 et 90 kgs - clubs : RCC (La Courneuve), CSBM (Le Blanc-Mesnil), Club de Libreville (Gabon) - Equipe universitaire de Paris VIII - vice-champion de France universitaire de Jeu à XIII en 1983.

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