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Thomas Lombard : « De meilleurs hommes font de meilleurs rugbymen »

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Les faits qui desservent notre sport s’accumulent depuis quelques temps. Et si l’on replaçait l’individu au cœur même du projet ? Au centre du débat et du rugby français.

 

La crise du rugby français

Il faut le reconnaître, depuis au moins deux ans, notre rugby est en difficulté. Nous avons une équipe de France qui a peu de résultats. Nous avons un tas de protocoles commotion. Des affaires ternissent l’image du rugbyman. C’est peut-être le moment de remettre notre sport en valeur. D’ailleurs, le rugby français se doit de faire sa révolution. Il n’a plus le choix.

 

Des solutions

Contrairement à ce que l’on pense, le professionnalisme n’a pas totalement coupé les joueurs des valeurs ancestrales du rugby. Ils sont encore capables de transmettre des choses, à condition qu’on les responsabilise.
J’ai connu le rugby pluri-actif où les joueurs de haut niveau travaillaient ou étudiaient, ce qui les construisait. On s’est aujourd’hui trop détachés de ça. Cela peut être un axe de réflexion tout comme le fait que le rugby devienne plus qu’une pratique, une matière à l’école, comme le font les Anglophones. Cela facilite la tâche des clubs qui récupèrent ces jeunes individus formés. Peut-être qu’avec l’aide de l’éducation nationale, il est possible de mettre en place des programmes spécifiques qui serviront tout le monde. En gros, remettre l’individu au cœur du projet.

Thomas Lombard évoluant alors à Worcester en Angleterre, ici face aux Harlequins en 2004.

 

Le rugby au cœur de l’enseignement

Si les Anglo-saxons ont cette avance sur nous, quelle en est la raison ? C’est très simple : c’est parce qu’ils apprennent le rugby à l’école et non en centre de formation avec des obligations de résultats. Le rugby dispensé en tant que matière à l’école devient une éducation. Aujourd’hui en France, on n’éduque plus. On n’a plus le temps d’éduquer. On n’a plus les moyens, on manque d’éducateurs. Et est-ce aux clubs de forcément éduquer nos enfants en ce sens ? Je n’en suis pas sûr. Les universités peuvent aussi et ensuite être ce vecteur d’éducation important. La place du sport, et en particulier le rugby, doit être vue comme un apprentissage de valeurs et non un simple loisir ou moyen de devenir pro.

En équipe de France contre l’Australie en 1998. / Photo Mike Mayhew.

 

La santé en question

Comme lorsque l’on a détecté ma fuite aortique qui m’a forcée à mettre un terme à ma carrière en 2008, les joueurs sont toujours aussi bien suivis aujourd’hui. Et même encore mieux ! Mais la question est sur les rythmes, les cadences, l’évolution du jeu.
Le problème des commotions est le problème majeur du rugby actuel et de celui de demain. Or, on n’est pas capable de déterminer à cinq ou dix ans les conséquences que tout cela aura. Comme dans tout débat où l’on ne maitrise pas ces informations à moyen terme, le risque zéro doit prévaloir en attendant. Il faudrait prendre des mesures médicales très strictes par l’intermédiaire de personnes compétentes totalement neutres. Ensuite, World Rugby, notre organe suprême, doit réfléchir à faire évoluer les règles afin de pallier à ces problèmes.

Consultant TV et radio, manager des Barbarians, l’ancien international se trouve au cœur du rugby actuel.

 

La nouvelle génération

Quoi qu’on en dise, la formation française n’est pas si mauvaise que cela. La preuve, lorsque l’on fait jouer des jeunes français par défaut, on s’aperçoit qu’ils ne sont pas si mauvais que cela, voire même très bons. Regardez les Dupont, Belleau ou Jalibert ! Cette nouvelle génération est pleine de qualités. Après, en tant qu’individus, peut-être peut-on les rendre meilleurs. Tout le monde cherche à copier les All Blacks. L’un des principes de base de la culture du haut niveau du rugby néo-zélandais est que de meilleurs hommes font de meilleurs joueurs de rugby. Dans l’Hexagone, on a d’abord réfléchit à la deuxième partie de la phrase.

 

Matthieu Jalibert avec Bordeaux-Bègles. / Photo Anthony Dibon.
Antoine Dupont en équipe de France lors du dernier Tournoi des 6 Nations. / Photo Dave Winter.

 

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