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François Sangalli : « Il y a 4 grandes qualités pour jouer au rugby : la créativité, la réactivité, l’humilité et la détermination »

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François Sangalli n’est pas un géant par la taille. Ce trois quarts centre de 1,74 m est par contre un géant du rugby français, qui a remporté avec le XV de France le Grand Chelem lors du Tournoi des 5 Nations 1977 et qui a gagné le Championnat de France en 1979 avec Narbonne. Reconnu et salué pour la qualité de ses passes, il nous livre ici ses quatre vérités.

Mon véritable plaisir était de faire marquer un essai, pas de le marquer moi-même !

Je n’avais pas 20 ans quand je suis entré sur les pelouses du Racing Club de Narbonne-Méditerranée (RCNM). J’arrivais de mon village d’environ mille habitants – Canet d’Aude – et je me retrouvais du jour au lendemain aux côtés de grands joueurs comme Jo Maso, Gérard Sutra, les frères Spanghero Jean-Marie, Claude, et Walter, puis Didier Codorniou, Yves Malquier ou Michel Ponçot. Quand cela vous arrive, c’est magnifique ! J’ai reçu beaucoup et j’ai voulu donner, notamment en passant le ballon pour que d’autres aillent marquer les essais La principale exception, c’est lors de la finale de 1974 contre Béziers. Ce jour là, j’ai eu la conviction que je devais absolument y aller moi-même pour échapper au joueur de Béziers qui me poursuivait (note de la rédaction : Alain Estève). Je pense que j’ai bien fait (voir la vidéo).

Quelques mois avant cette finale, j’étais blessé et considéré comme “fini” pour le rugby. Juste avant les phases finales, plusieurs joueurs de Narbonne ont demandé : “il est où, Sangalli ?”. On est venu me chercher alors que je jouais aux cartes, persuadé à 22 ans que je ne jouerai plus au rugby à haut niveau. Je me suis ré-entraîné. J’ai joué les huitièmes de finale, puis les quarts. Je me suis à nouveau blessé et j’ai manqué la demi-finale. Mais je suis revenu en finale et j’ai marqué un essai ! J’en retiens qu’il y a quatre grandes qualités, pour jouer au rugby comme dans la vie professionnelle : la créativité, la réactivité, l’humilité et la détermination.

C’est sur ces quatre fondamentaux que je me suis appuyé lorsque j’ai ensuite rejoint le XV de France. Nous avons remporté le Grand Chelem lors du tournoi des 5 Nations 1977, sans encaisser aucun essai, ce qu’aucune équipe n’a jamais réussi à faire avant ou après (voir la vidéo). Nous avons fêté les 40 ans de ce succès historique au printemps 2017, dans un restaurant parisien. Ce sont également ces convictions qui nous ont permis avec le club de Narbonne de remporter la finale du Championnat de France en 1979.

Equipe de France : Jean Desclaux (coach), Alain Paco, Robert Pararemborde, Jean Pierre Rives, Jean Claude Skrele, Gerard Cholley, Jean Francois Imbernon, Michel Palmie, Jean Pique and Jean Pierre Bastiat. Seated – from left: Dominique Harize, Roland Bertranne, Jean Michel Aguirre, Jean Pierre Romeu, Jacques Fouroux (captain), Francois Sangalli and Jean Luc Averous.

Je menais jusqu’à trois activités en même temps.

Mes parents étaient des immigrés italiens d’origine modeste, Ils retenaient surtout du rugby les blessures que j’accumulais depuis l’enfance, les vêtements déchirés, le fait que les joueurs n’étaient pas rémunérés à l’époque… Bref, il fallait que je trouve rapidement des solutions pour préparer l’avenir. A 22 ans, en 1974, je suis donc entré dans une banque et j’ai ouvert un restaurant à Gruissan, sans oublier les entraînements et les matchs, puis les tournées avec l’équipe de France. Mon activité au restaurant a duré 5 ans. Ensuite, l’année où Narbonne a remporté le championnat de France, en 1979, j’ai créé une entreprise dans le secteur immobilier avec mon ami André Maratuech, un autre joueur du club, et il y a 40 ans que cela dure ! A l’origine, nous étions uniquement trois. Nous avons grandi jusqu’à compter 300 salariés, puis nous avons retrouvé une taille plus modeste, suite à plusieurs cessions.

Bien sûr, les parcours de certains anciens rugbymen sont remarquables : jouer au rugby à ce niveau est un atout, mais il ne faut pas penser que ce sport est le moyen infaillible pour réussir sa vie professionnelle. Cela ne suffit pas : il faut de la rigueur et du travail. Ce que le rugby apportait avant tout à des joueurs non professionnels, c’était de faire de nombreuses rencontres, ce qui est la base d’un parcours professionnel réussi.

 

Les victoires, ça se partage !

Lorsque nous sommes devenus Champions de France avec Narbonne (voir la vidéo), j’ai d’abord ressenti une très grande fierté, puis la volonté de partager ce bonheur avec le plus grand nombre : la famille, les amis, les supporters, la ville, le département, les autres joueurs de l’équipe et les joueurs de rugby partout en France. Je pense que l’on ne connaît pas assez la force de la fraternité qui lie ceux qui ont joué au rugby ensemble ou les uns contre les autres. En 1970, voici 47 ans, j’étais au bataillon de Joinville avec bon nombre de futurs grands noms du rugby français. Nous nous contactons toujours régulièrement, malgré les années.

Quatre : la technique du cadrage débordement apprend à vivre mieux.

Lorsqu’elle est réussie, l’action du cadrage-débordement est merveilleuse : elle est un concentré de la créativité et de la réactivité qui sont selon moi la base d’un beau rugby. Ensuite, dans ma vie professionnelle comme dans la vie privée, cette technique m’a permis d’éviter nombre de personnes que je qualifierais de “toxiques”.

 

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