Le contexte est clair avant cette troisième journée du Tournoi des Six Nations 2026 : la France est la seule équipe encore invaincue, tandis que l’Italie présente un bilan équilibré avec une victoire et une défaite. Un départ encourageant pour la Squadra Azzurra, qui confirme sa montée en puissance, mais qui s’apprête à défier l’équipe la plus performante du début de compétition.
Une France leader dans presque tous les secteurs
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Après deux journées, la France domine le Tournoi au nombre d’essais inscrits (13) et de points marqués (90). Les hommes de Fabien Galthié affichent une moyenne impressionnante de 45 points par match et 6,5 essais inscrits.
Offensivement, la supériorité est nette. Les Bleus sont premiers en courses ballon en main (165 par match), en mètres gagnés (753,5), en franchissements (23,5) et en défenseurs battus (36,5). Leur efficacité dans les 22 mètres adverses est redoutable : 28 entrées en moyenne pour 3,2 points marqués par entrée, là encore le meilleur ratio du Tournoi.
Mais au-delà de l’attaque flamboyante, c’est peut-être la discipline et la maîtrise qui impressionnent le plus. La France ne concède que 5 pénalités par match, aucune exclusion temporaire et affiche 96 % de rucks gagnés. Une nette progression par rapport à la tournée d’automne, où l’indiscipline avait parfois freiné la dynamique collective.
Jalibert chef d’orchestre, Ramos en métronome
Individuellement, Matthieu Jalibert rayonne. Il est en tête du classement des passes décisives avec 4 offrandes et totalise 10 passes après contact. Il est impliqué dans 6 essais français, un record dans ce Tournoi.
Thomas Ramos, lui, domine le classement des points avec 25 unités et affiche 85,7 % de réussite face aux perches. Son apport dans le jeu au pied est également précieux, dans une équipe qui totalise déjà plus de 2000 mètres gagnés au pied depuis le début de la compétition.
Dans le jeu courant, Louis Bielle-Biarrey et Théo Attissogbe comptent déjà trois essais chacun, preuve de l’efficacité des extérieurs français.
Une Italie plus solide et plus agressive
Si l’historique des confrontations est largement en faveur des Bleus, avec 23 victoires françaises en 26 matchs dans le cadre du Six Nations, l’Italie version 2026 montre un visage plus compétitif.
Les Transalpins ont dominé l’Écosse lors de la deuxième journée (18-15) et n’ont cédé que 20-13 en Irlande. Leur défense se distingue par une forte activité : Lorenzo Cannone est le meilleur plaqueur du Tournoi avec 37 plaquages réussis, tandis que Manuel Zuliani s’illustre dans les turnovers.
L’Italie excelle également en touche. Elle est l’équipe qui a volé le plus de ballons dans ce secteur (5), avec des leaders comme Michele Lamaro et Giacomo Nicotera. Un domaine qui pourrait constituer une vraie zone de duel face à l’alignement français.
En revanche, l’efficacité offensive reste plus limitée : seulement 1,6 point marqué par entrée dans les 22 mètres adverses, soit le ratio le plus faible du Tournoi. Face à une défense française qui ne concède que 2,2 points par entrée adverse, l’équation s’annonce complexe.
Un défi différent de 2025
La dernière confrontation, en février 2025, avait tourné à la démonstration avec un 73-24 infligé par les Bleus à Rome. Les Français avaient inscrit 11 essais, parcouru 733 mètres ballon en main et battu 37 défenseurs.
Un tel écart semble moins probable cette année. L’Italie a gagné en constance, en discipline et en densité défensive. Mais pour espérer inquiéter la France, elle devra ralentir les sorties de balle françaises et améliorer drastiquement son efficacité dans les zones de marque.
Une France en contrôle
Après les turbulences de la tournée estivale en Nouvelle-Zélande et la défaite face à l’Afrique du Sud à l’automne, les Bleus semblent avoir retrouvé équilibre et maîtrise. Plus disciplinés, plus précis, toujours aussi explosifs, ils abordent ce rendez-vous avec le statut de favori assumé.
Ce France – Italie pourrait confirmer deux tendances fortes de ce début de Tournoi : l’affirmation d’une équipe de France candidate crédible au titre, et la montée en gamme progressive d’une Italie qui n’est plus seulement un outsider symbolique, mais un adversaire à respecter.
Crédit photo : France Rugby
Source stats : Six Nations