Benoit August – US Dax : « nous avons structuré le club autour des jeunes et en restant fidèle à l’image historique. »

Cette saison, à l’initiative de la FFR, la compétition Fédérale a été lancée, compétition à laquelle l’US Dax participe comme d’autres clubs historiques tels que Tarbes, Bourgoin, Narbonne… Benoit August, son président, a accepté de partager avec vous ses ambitions pour le club landais, sa vision de ce nouveau championnat.

Benoit, comment êtes-vous devenu président de l’US Dax ?

Il y a 3 ans, l’US Dax a été relégué de Pro D2. Cela a été un véritable traumatisme et il a fallu trouver quelqu’un qui voulait reprendre le club. Les dirigeants d’alors se sont tournés vers Gilbert Ponteins. Dès sa prise de poste, ce dernier m’a appelé pour gérer le sportif. J’ai accepté de l’accompagner pour structurer un staff et une équipe première. Nous avons également travaillé sur l’école de rugby et toutes les équipes de jeunes.

Pendant un an, nous avons beaucoup œuvré, notamment en reconstruisant totalement le budget (nous passions quand de 6M€ en Pro D2 à 2M€). Si nous avons perdu pas mal de jeunes, la saison s’est finalement très bien passée. Au moment de faire le bilan de ce premier exercice, Philippe Jacquemin et Gilbert Ponteins ont voulu donner un coup de jeune au club, notamment en me proposant la présidence, que j’ai naturellement acceptée. Mon père a été président de ce club et j’ai été formé ici.

Cette année, Dax participe à la Nationale, nouvelle compétition professionnelle s’intégrant entre la Pro D2 et la Fédérale 1. Quelle est votre vision sur ce nouveau championnat ?

La Nationale a vu le jour très rapidement, peut-être trop rapidement. Cette division devait voir le jour mais je trouve que ça va un peu vite. A date, nous n’avons pas beaucoup de couverture médiatique, et nous n’avons pas négocié (encore) de droits TV. Evidemment, la crise sanitaire n’a pas aidé au bon lancement de cette compétition… Et il y a eu beaucoup d’évolutions, d’ajustements. Nous avons du nous adapter. Par exemple, nous avions construit un budget de déplacement sur la base d’une poule régionale. Cette formule initiale a été revue et cela joue forcément sur le budget prévisionnel de la saison.

Et au niveau sportif ?

Avant son lancement, nous nous posions la question du niveau de la Nationale. Après quelques matchs, nous nous rendons compte qu’il n’y a pas d’équipe vraiment au dessus du niveau, contrairement aux années précédentes en Fédérale 1 (Valence-Romans, Massy sont des exemples de nette domination de cette compétition).

Comment avez-vous structuré votre effectif ? Vos joueurs sont-ils 100% dédiés au rugby professionnel ?

Nous avons 25 contrats fédéraux dans l’effectif. Nous avons souhaité recruter des joueurs français et jeunes. C’était notre objectif. Mais face à l’urgence, nous avons du recruter des joueurs qui étaient disponibles, donc forcément quelques étrangers (Elvis Levi, Makatuki Polutele, Esava Delai…) La particularité c’est que nous avons aussi plusieurs joueurs qui travaillent à côté : un pompier, des étudiants, des policiers… Pour les étudiants, nous avons des emplois du temps aménagés avec les écoles, les universités.

Nous avons aussi monté une cellule de reconversion et d’accompagnement à l’emploi. Pour des clubs comme nous, c’est très important. D’ailleurs, si nous étions amenés à remonter en Pro D2, nous continuerions à avancer sur ce double-projet. Pour attirer des joueurs, c’est très important de leur proposer de les accompagner vers l’emploi.

La vision sur la Pro D2 et la Fédérale 1 a aussi beaucoup changé récemment. Ces compétitions sont devenus une véritable réservoir de formation pour le Top 14. La Nationale s’inscrit désormais également là-dedans. Je suis donc convaincu que nous pouvons durablement monter un effectif très performant.

Quelle est votre philosophie de jeu ?

Sur le choix des entraineurs et des joueurs, nous avons vraiment pour objectif de faire jouer les jeunes. Sinon, nous souhaitons mettre en place un jeu de mouvement, d’adaptation, en restant fidèle à l’image historique du club. Au-delà de l’aspect purement sportif, l’enjeu est d’être attractif pour les partenaires et les jeunes.

Comment analysez-vous le début de saison de l’US Dax ? (3 victoires, 1 défaite – 5ème actuellement) ?

Le bilan après 4 journées est plutôt positif, avec notamment une première victoire à l’extérieur (à Blagnac). A Albi (défaite 21-6, début octobre), nous prenons un carton rouge mais nous restons bien dans le match. A ce stade, nous nous posons vraiment la question de notre capacité à tenir le rythme sur la longueur. Contrairement à la Fédérale 1, il n’y a aucun match facile. Nous ne pourrons pas nous relâcher sur la saison. Je pense que le classement va se jouer en fin de saison sur la profondeur des effectifs.

Quelles sont les ambitions sportives de l’US Dax, à court et moyen terme ?

Il y a 2 ans, l’ambition était de rester en Fédérale 1. Depuis 2 ans, l’axe de travail est vraiment de structurer le club, de labelliser l’école de rugby. Maintenant, nous avons quasiment des juniors et des cadets en trop. Au niveau de l’équipe première, nous visons les phases finales, voire pourquoi pas jouer la montée.

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  • Gillen Gamiochipi

    Gillen est data-journaliste et responsable éditorial de Branchez Rugby.

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