Mont de Marsan : le maintien en top 14 c’est déjà maintenant !

L’avantage de l’ivresse sur la bêtise, c’est qu’elle dure moins longtemps. Jean-Robert Cazeaux semble avoir fait sien le dicton. Sans bouder un plaisir tant mérité le soir de la victoire, le président du Stade Montois a immédiatement fixé un cadre clair pour la saison prochaine. Car Mont de Marsan cumulera deux handicaps, économique et géographique. D’un côté, un budget de crabos quatari, un peu plus de sept millions d’euros, alors que la moyenne de Top 14 se situe, en 2012, aux alentours de dix sept millions.
D’un autre côté une ville coincée dans le triangle Bordeaux-BAB- Toulouse, comme un barycentre ovale des bermudes senteur pins des Landes. Le club pourra certes compter sur l’affluence des supporters, locaux ou non, qu’une présence dans l’élite fait toujours augmenter. Mais tout comme un doublement des ventes de merguez à la mi-temps ne relancera pas l’économie locale, une fréquence en hausse ne doublera pas le budget du club dans l’immédiat. Le club n’est pas pour autant condamné à la descente immédiate, façon 2009. Le fait de n’avoir que le dixième budget de pro D2 n’a pas empêché son accession en top 14. La masse financière n’est donc pas à elle seule une garantie de succès. La stratégie de l’Union Bègles Bordeaux est dans toute les têtes. Un recrutement ciblé, sans stars, intelligent, pour construire une équipe équilibrée, y compris dans la profondeur de banc.
Sur la base d’un budget identique à celui de cette année les jaunes et noirs ont entammé leur recrutement dans cette voie. Après la signature d’Arnaud Pic au poste de demie de mêlée, le solide centre fidien Seru Rabeni a officialisé sa venue. L’objectif est clair : se maintenir dans l’élite en pratiquant le jeu qui lui a permis d’accéder à ce niveau, fait de plaisir, d’envie et de travail sur les bases, mêlé-touche-combat . On avait promis aux Beglo-bordelais un enfer et tout au long dela saison, on trouvait leur jeu ouvert fort sympathique pour des condamnés à mort. Ils ont terminé huitième en reprenant une tournée à la santé des croque-morts. Mont de Marsan serait bien inspiré de suivre leur trajectoire jusqu’au bout.
Les statistiques ne plaident pas en leur défaveur. Depuis 2006, début de la formule à 14 clubs, sur les deux clubs promus en fin de saison, la statistique est quasi identique si l’on excepte l’année 2007 : un et un seul se maintien dans l’élite. Et le fait de terminer premier de la saison de Pro D2 et d’avoir une accession directe ou bien d’avoir eu à passer par les barrages ne semble pas être déterminant pour le maintien l’année suivante.
En effet sur les cinq dernières montées, deux clubs ayant pourtant terminés en tête de la pro D2 sont directement redescendus l’année suivante (Auch en 2008 et Lyon cette année) alors que trois clubs ayant terminés second sont redescendus l’année suivante : La Rochelle, Albi et….Mont de Marsan en 2009. Statistiquement, les montois possèdent exactement 58% de chances de conserver leur place en Top 14 en 2013. S’ils parviennent à cet exploit, la tenue dans la durée s’avère par contre bien plus délicate. En effets, à l’exception de Toulon et du Racing, tous les clubs qui sont parvenus à se maintenir la première année suivant de leur accession on chuté celle d’après.

Mais le club montois possède un avantage non négligeable : son expérience récente, bien que malheureuse, du plus haut niveau. Il sait exactement à quoi s’attendre Il en connait les embûches et les exigences et pourra mettre à profit sa connaissance de la grande différence de niveau entre les deux divisions pour mettre au point une équipe lui permettant de rester plus d’une année à ce stade.

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