Le talent rugbystique est-il inscrit dans les gènes ?

A la manière de la fratrie Manning en football américain, du père et fils Curry au basket, de la famille Tillie au volley ou des Fourcade en biathlon, le rugby est un sport très « famille ». D’ailleurs, aujourd’hui commencent à apparaître dans les équipes de jeunes les fils de la génération des premiers professionnels de 95. D’où la question volontairement polémique d’un gène rugby. Ou peut-être cela traduit indirectement l’incapacité du ballon ovale à séduire de nouvelles catégories de population ?

Le rugby français est depuis longtemps marqué par de grandes familles : les seuls Boniface, Spanghero ou plus récemment Lièvremont ont fourni près de 10 joueurs au XV de France ! Mais les « fils de » restaient encore très marginaux. Pourtant, en regardant les sélections des jeunes Bleus pour le Tournoi 2016 (sélection des moins de 18 ans, moins de 20 ans, promotion Marcoussis), nous avons été frappés le nombre de noms « connus » : Daniel Brennan, fils Trevor, et Romain Ntamack, fils d’Emile, ont été appelés avec les moins de 18 ans ; Artur Retières, fils de Didier, Alexandre Roumat, fils d’Olivier, et Damian Penaud, fils d’Alain, font partie de la liste des moins de 20 ans. Nous pouvons ajouter Hugo Bonneval, appelé chez les seniors et son frère, Arthur qui ne devrait pas tarder à arriver dans l’équipe. Spontanément, nous avons pensé que le talent était héréditaire. Et forcément le physique l’est également : Alexandre Roumat mesure près de 2m et Daniel Brennan pesait déjà 121kg à 14 ans, selon des médias irlandais !

Un manque de renouvellement ?

Mais avec le recul, une telle densité de « fils de » nous a amené à une deuxième réflexion : finalement, peut-être que le terreau rugby ne se renouvelle pas assez ? Peut-être que le rugby ne séduit plus assez de nouveaux pratiquants et reste cantonné aux mêmes régions historiques ? Certains chiffres en attestent : le nombre de licenciés, par exemple, a baissé de 3,6% l’an dernier (on attend les chiffres de cette année).

Les meilleurs sociologues le disent depuis de longues décennies : une population n’est promise à un bel avenir que lorsqu’elle se renouvelle, lorsqu’elle s’ouvre ! Sur le même principe, le rugby français doit s’ouvrir à de nouvelles régions…

  • Gillen Gamiochipi

    Gillen est data-journaliste et responsable éditorial de Branchez Rugby.

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