Quatre matchs, quatre défaites, zéro point au classement. Sur le papier, le RC Vannes vit un début de saison cauchemardesque. Le promu reçoit samedi (16h35, stade de la Rabine) une Section Paloise lancée, 3e du Top 14 avec 14 points. Tout semble promettre une cinquième désillusion aux Bretons. Pourtant, quand on regarde le déroulé de leurs matchs, on voit une équipe qui fait jeu égal avec les gros plus souvent qu’on ne le croit, et qui cherche encore comment conclure.
Un calendrier d’entrée redoutable
Il faut d’abord regarder qui Vannes a affronté. Castres, Montpellier (finaliste la saison dernière), Toulouse (quadruple champion en titre) et Toulon. Pour un promu, difficile d’imaginer une entrée en matière plus exigeante. Et face à ces adversaires, les Vannetais n’ont jamais été balayés : trois de leurs quatre défaites se sont jouées à moins de quinze points. Seul le déplacement à Mayol (28-10) s’est soldé par un écart plus net.
Vannes a mené contre Montpellier, Toulouse et Toulon
C’est la donnée la plus parlante de ce début de saison : les Bretons ont mené au score dans trois de leurs quatre matchs.
Contre Montpellier à la Rabine, Vannes est rentré au vestiaire en tête (12-11) avant de céder en seconde période (12-26). Face à Toulouse, délocalisé au Roazhon Park, les hommes de la Rabine ont démarré tambour battant pour mener 13-0, puis sont restés à un point du champion (23-24) jusqu’à la 69e minute. Ils ont fini par s’incliner 23-29, à un point seulement du bonus défensif. À Toulon, même scénario : 10-0 pour Vannes à la demi-heure de jeu, avant que le RCT ne renverse le match au retour des vestiaires.
Et à Castres, pour l’ouverture, c’est l’inverse qui s’est produit : menés 27-6, les Vannetais ont inscrit 14 points consécutifs pour revenir à 27-20, sans parvenir à arracher le bonus (29-20).
Une équipe ridicule ne mène pas le champion 13-0. Elle ne rentre pas au vestiaire devant le finaliste. Vannes a clairement le niveau pour exister en Top 14 pendant de longues séquences.
Une défense plus solide que celle de Pau
Autre surprise, la défense bretonne tient la comparaison. Avec 112 points encaissés en quatre matchs (28 par rencontre), Vannes concède moins que son adversaire du jour (115) et que plusieurs équipes du haut de tableau, comme Lyon (123) ou Bayonne (137). Même constat sur les essais : 15 encaissés, contre 16 pour Pau. Pour un promu qui a enchaîné quatre gros morceaux, ce n’est pas une défense en perdition.
Le vrai chantier : conclure et tenir 80 minutes
Le problème vannetais est ailleurs, et il est double. D’abord, l’attaque. Avec 16 points et 2 essais marqués par match, Vannes est la dernière attaque du championnat. Paul Surano, meilleur marqueur de l’équipe, n’a inscrit que deux essais, et Maxime Lafage porte l’essentiel du total au pied (22 points). Les Bretons se créent moins d’occasions (16 franchissements contre 26 pour Pau) et en convertissent trop peu.
Ensuite, le fléchissement en seconde période. Contre Montpellier comme à Toulon, Vannes n’a plus marqué après la pause. Contre Toulouse, il a tenu jusqu’à la 69e minute avant de craquer. Les Bretons ne manquent pas de niveau mais de constance : ils livrent des premières périodes solides, puis cèdent physiquement ou mentalement dans le dernier tiers du match.
Pau, l’attaque la plus prolifique en essais
Le défi de samedi est de taille. La Section arrive avec 40 points et 6 essais de moyenne par match. Elle a inscrit 22 essais, le meilleur total du championnat. Rodrigo Marta (6 essais) et Joe Simmonds (46 points) mènent une attaque qui a passé 70 points à Bayonne et 39 à La Rochelle le week-end dernier. L’historique penche aussi nettement du côté béarnais : Pau a remporté les deux confrontations entre les clubs, dont un 52-26 à la Rabine en mai 2025.
Mais Pau a aussi montré ses limites loin du Hameau. Après une victoire à Montpellier (19-27), la Section a sombré à Lyon (51-25), et elle concède 35 points par match à l’extérieur. Elle n’est pas intouchable en déplacement, déjà la saison dernière (7e du classement extérieur).
Le match pour débloquer le compteur
Pour Vannes, l’équation est connue : tenir 80 minutes, et non 50, et transformer ses temps forts en points. Si les Bretons retrouvent l’allant qui leur a permis de mener Toulouse et Toulon, et qu’ils parviennent enfin à le prolonger après la pause, la Rabine peut devenir le théâtre de leur première victoire dans l’élite. À défaut, un bonus défensif serait déjà un signal fort. Ce ne serait qu’une juste récompense pour une équipe qui, jusqu’ici, a valu bien mieux que son zéro pointé.
Sources : LNR/Top 14, AllRugby – statistiques après quatre journées, saison 2026-2027.
Crédit photo : Facebook RC Vannes
Article rédigé avec l’assistance de Claude