L’annonce du rachat de Paris La Défense Arena par Live Nation dépasse largement le cadre du spectacle vivant. Pour le Racing 92, club résident et vitrine sportive du site, cette opération pose la question centrale de son avenir. Les scénarios sont multiples : rachat par un investisseur américain, arrivée de nouveaux actionnaires, poursuite de l’aventure sportive avec les nouveaux propriétaires…Il est prévu que le Racing 92 s’installe en janvier 2027 à Colombes. Une arène bien moins sexy sauf pour les nostalgiques des bleus et blancs.
Depuis le début de la saison, le Racing n’a disputé que 4 de ses 7 matchs à domicile à l’Arena, un chiffre révélateur des tensions croissantes entre programmation sportive et exploitation événementielle. Concerts, grands shows internationaux et événements premium prennent une place de plus en plus importante dans le calendrier, au détriment de la régularité sportive.
Une enceinte pensée pour l’événement, pas pour le rugby
Conçue comme un équipement multifonction, Paris La Défense Arena est devenue en quelques années un outil exceptionnel pour les grandes productions internationales. Jeux Olympiques, concerts géants, tennis indoor : le site coche toutes les cases du spectacle global.
Mais cette polyvalence a un coût pour le Racing 92. Changements de surface, contraintes de calendrier, délocalisations ponctuelles : le club vit depuis plusieurs saisons avec une instabilité structurelle qui pèse autant sur la performance sportive que sur la relation avec son public.
L’arrivée de Live Nation, dont l’ADN est clairement tourné vers la maximisation du nombre de dates et de productions, pourrait accentuer cette tendance.
Plus de concerts… moins de rugby ?
Live Nation l’a clairement annoncé : l’objectif est d’accueillir davantage de productions toute l’année. Une ambition cohérente économiquement, mais qui interroge sur la hiérarchie des usages.
Si la salle reste officiellement ouverte à tous les promoteurs et continue d’accueillir le Racing 92, rien ne garantit que le rugby restera prioritaire dans les arbitrages de calendrier. Dans un modèle dominé par la rentabilité événementielle, un match de Top 14 pèse moins qu’un concert à guichets fermés de plusieurs soirs consécutifs.
Un symbole plus large des mutations du rugby pro
Au-delà du cas du Racing 92, cette situation illustre une tendance de fond : le rugby n’est plus toujours l’événement principal dans les enceintes modernes qu’il occupe. Il devient un usage parmi d’autres, soumis à des logiques économiques parfois éloignées de la performance sportive. Selon les Echos il est déjà prévu que le Racing 92 s’installe à partir de janvier 2027 au Stade Yves du Manoir de Colombes une fois qu’il sera rénové. Un arène bien moins sexy pour les joueurs et les spectateurs.