On connaît tous le ballon. On l’a tenu des milliers de fois, on l’a regonflé au compresseur du club, on l’a récupéré dans les ronces derrière l’en-but. Mais qui sait réellement comment il est fabriqué ?
C’est la question que s’est posée Simon Mutschler. Rebond est né de là, en 2019.
Ce qu’il y a vraiment dans un ballon
La réponse n’est pas flatteuse. Derrière le « simili cuir », il y a du plastique : les ballons de jeu classiques sont faits en PVC ou en PU, et aucune norme européenne n’encadre le ballon de sport à son entrée sur le territoire. Quant à la fabrication, 85 % de la production manuelle mondiale se fait au Pendjab, à cheval entre l’Inde et le Pakistan, où le ballon est cousu à la main depuis les années 1930.
Rebond n’a pas cherché à contourner cette réalité. Ils ont repris le ballon couche par couche.
Couche par couche
L’enveloppe extérieure est bio-sourcée à au moins 51 % : une matière issue d’huile de soja, transformée en Loire-Atlantique. La vessie est en caoutchouc naturel récolté dans le sud de l’Inde, issu de forêts gérées durablement (label PEFC). L’entoilage est en polyester recyclé ou en coton, collé au latex naturel. Les encres respectent la norme jouet européenne EN71. Et la conception mono-matière rend le ballon recyclable en fin de vie.
La marque revendique d’avoir lancé en 2022 le premier ballon bio-sourcé et recyclable au monde.
Le Pendjab et Nantes
Rebond n’oppose pas les deux savoir-faire. Les ballons sont cousus et peints à la main au Pendjab, dans l’atelier familial d’Anurag et Anuj, père et fils, certifié Fairtrade (Max Havelaar) : prix juste et stable, relation commerciale durable, prime qui assure un revenu supérieur au salaire local.
En parallèle, depuis 2019, l’atelier Bourgeois (spécialiste historique du cuir et de la chaussure dans le bassin nantais) fabrique les pièces made in France de la marque : ballons en cuir, ballons-maillots, séries spéciales. La France pour la R&D et la haute couture, le Pendjab pour le savoir-faire historique.
Ce qu’ils disent de leurs limites
C’est ce qui nous a fait retenir Rebond. La marque écrit noir sur blanc qu’un ballon ne peut pas encore être fabriqué à 100 % en matières bio-sourcées ou recyclées. Elle travaille avec le cabinet EVEA, spécialiste de l’analyse de cycle de vie, pour réduire l’impact à chaque étape, et publie ses axes de progrès.
On voit passer beaucoup de marques « éco-responsables ». Très peu disent ce qu’elles n’ont pas encore réussi.
Des ballons qui racontent quelque chose
Rebond travaille aussi le ballon comme un support d’expression : collaborations avec des artistes, éditions dédiées à des causes (Fondation des Hôpitaux de Paris, Secours Populaire, lutte contre le cancer pédiatrique). La marque reverse 1 % de son chiffre d’affaires à des organisations environnementales via 1 % for the Planet.
Pourquoi on les référence
Produits responsables : matière bio-sourcée chiffrée, vessie en caoutchouc naturel certifié, atelier Fairtrade nommé, transparence sur les limites.
Sélection experte : chaque composant est documenté, du soja à l’encre. On sait ce qu’on vend.
Rebond n’est pas une marque née dans un vestiaire de rugby. C’est une marque qui s’est demandé comment on fabrique l’objet au centre de tous les vestiaires et qui a décidé de le faire autrement.