Un ballon de rugby, ça ne meurt pas d’un coup. Ça se dégonfle mal, ça perd son grain, ça prend l’eau. Un jour l’entraîneur le sort du filet et le met de côté. Il finit au fond du local, puis à la benne. Dans un club, ça représente des dizaines de ballons par saison. À l’échelle du rugby français, personne n’a jamais compté.
Le Ballon Responsable a décidé que ça devait s’arrêter.
Deux amis d’enfance et une association
Le projet est né entre Serge Betsen et Lionel Quenardel, deux amis d’enfance liés par le rugby. Betsen, c’est 63 sélections en équipe de France et le brassard de capitaine du XV de France. Autant dire quelqu’un qui a usé sa part de ballons.
Depuis 2016, ils font tourner une structure associative, Recycling Rugby, avec un objectif simple : donner une seconde vie aux ballons usés ou défectueux. Plus de 12 000 ballons récupérés à ce jour, 50 m³ de déchets évités. L’association ne suffisait plus à absorber le volume : Le Ballon Responsable est né de là.
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Vingt kilomètres, pas un de plus
C’est le chiffre qui nous a convaincus.
Les ballons sont récupérés auprès des clubs, des fabricants et des distributeurs. Ils partent d’abord dans un ESAT parisien (l’ESAT Jean Moulin, dans le 14e) où ils sont lavés et pré-découpés par des personnes en situation de handicap. Les morceaux rejoignent ensuite la maroquinerie WGY, à Bruyères-le-Châtel dans l’Essonne, qui fait le travail de confection.
Entre la collecte et le produit fini, le ballon ne parcourt pas plus de vingt kilomètres. Tout est fabriqué en France, à la main, dans des ateliers qu’on peut nommer. Et les pièces sont vegan : le tissu enduit remplace le cuir sur les parties qui ne viennent pas du ballon.
C’est exactement ce qu’on entend par produits responsables. Pas une mention sur une étiquette : une chaîne qu’on peut suivre du filet du club à l’atelier.
Ce que devient un ballon
Chaque pièce sort d’un ballon différent. Les couleurs varient, la patine aussi, et il reste parfois des traces de marqueur ou de numérotation. Ce ne sont pas des défauts de fabrication : c’est le passé du ballon qui remonte. Deux exemplaires ne sont jamais identiques. Les modèles sont déposés à l’INPI.
Le portefeuille et le porte-monnaie. L’entrée dans la gamme. Le porte-monnaie mini ballon reprend la forme ovale, le portefeuille joue sur les coutures d’origine. C’est le cadeau qui ne rate pas : celui qu’on offre à quelqu’un qui a joué et qui reconnaît la matière au toucher.
Les trousses. Trousse de toilette pour le déplacement, et une trousse triangle pensée pour les écoles de rugby. Format enfant, matière indestructible.
Les sacs de sport. Le format qui va au terrain. Comptez de 120 à 200 € selon le ballon d’origine : certains modèles partent de ballons FFR ou du Ballon du Centenaire.
Les sacs DeLuxe collector. Quatre quarts de ballon assemblés, 70 × 30 × 30 cm, 180 €. La pièce d’exception, produite à l’unité.
Les sacs banane, seau et demi-ouverture. Pour ceux qui veulent l’objet sans le volume.
Club et sélections. Une partie de la gamme part de ballons Top 14, ProD2, FFR ou de sélections nationales. Le supporter y trouve autre chose qu’un maillot.
Les ateliers
Le Ballon Responsable intervient aussi en entreprise et en club pour animer des ateliers de sensibilisation au recyclage (séminaires, tournois, journées d’équipe). Serge Betsen peut être présent selon les formats. Ça se cale au cas par cas, sur devis.
Pourquoi on les référence
Parce qu’ils cochent tout, sans qu’on ait à arrondir.
Made in Rugby, littéralement : la matière première, c’est le ballon lui-même. Pas un logo imprimé sur un produit générique.
Produits responsables : circuit court de vingt kilomètres, fabrication française, insertion par le travail, matières vegan, expédition en cartons de récupération. Chaque étape est traçable et chaque partenaire est nommé.
Marques de confiance : un projet monté par des rugbymen, alimenté par les clubs, ancré dans le jeu depuis 2016.
Le rugby produit des déchets comme n’importe quel sport. Ceux-là ont trouvé quoi en faire.