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Olivier Hiquet, d’éducateur dans le rugby espagnol à l’ambition d’un data analyst !

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Olivier Hiquet a grandi sur la côte landaise, du côté de Soutons où le rugby est une affaire de famille. Son
père, ancien international à XV, a créé l’école de rugby du village où il a fait ses débuts à l’âge de 4 ans.
Passé par le pôle espoir de Bayonne, Olivier est cependant resté fidèle à son club de cœur. Formé au fil des
années en tant que demi d’ouverture, il est resté au club de l’A.S.S jusqu’à ses 27 ans et a ensuite décidé de
s’installer à Madrid privilégiant sa carrière professionnelle et sa vie de famille.

Quand le rugby te rattrape… en Espagne !

Une fois à Madrid, le rugby a rattrapé Olivier Hiquet. Le comité des Landes a organisé un stage dans la capitale espagnole, dans le club de Boadilla del Monte (Madrid). Son père toujours impliqué dans le rugby landais, faisait partie du voyage. Olivier s’est naturellement déplacé. Là-bas, il y rencontre le président du club de Tasman Boadilla qui lui propose d’entraîner une équipe à l’école de rugby.

« En entraînant en école de rugby, je me suis rendu compte qu’il fallait être plus armé. Même si ce n’était que des moins de 10 ans, c’est important de se former pour pouvoir faire de meilleurs entraînements et de faire progresser les jeunes ».

Une fois à Madrid, le rugby l’a rattrapé. Le Comité des Landes organisa un stage dans la capitale espagnole, dans le club de Boadilla del Monte (Madrid). Son père toujours impliqué dans le rugby landais, faisait partie du voyage. Olivier s’est naturellement déplacé. Là-bas, il y rencontre le président du club de Tasman Boadilla qui lui propose d’entraîner une équipe à l’école de rugby la saison suivante

« En entraînant en école de rugby, je me suis rendu compte qu’il fallait être plus préparé. Même si ce n’était que des moins de 10 ans, c’est important de se former pour pouvoir faire de meilleurs entraînements et de faire progresser les jeunes »

A partir de ce constat, Olivier a cherché à améliorer ses qualités d’entraîneur. La Fédération Française de Rugby propose différents programmes de formation. Malgré son exil à Madrid, il est revenu en 2016 sur ses terres natales pour pouvoir y passer les diplômes d’entraîneur.

« J’ai fait une première formation dans les Landes qui a duré 6 mois (CQP Rugby à XV). Je me suis mis à niveau sur les bases : qu’est ce qu’un entraîneur, comment a-t-il besoin d’être, comment doit-il adapter ses entraînements selon les catégories… »

Mais le soustonnais ne s’est pas arrêté là. Poussé par le goût de la compétition et l’amour de ce jeu, il a voulu continuer à progresser. Dans un autre club madrilène, il prend en charge la catégorie Cadets.

« Je me suis inscrit au DEJEPS spécialité perfectionnement sportif Rugby à XV. C’est un Diplôme d’Etat qui permet d’entraîner en France au plus haut niveau amateur (Nationale 1) ainsi que les équipes féminines. Cela m’a permis de mieux appréhender les compétences pour aller au plus haut niveau, et surtout comprendre ce qui m’attirait le plus dans la partie entraînement / match ».

D’éducateur en école de rugby à Data Analyst

C’est lors de cette formation, qu’Olivier a découvert toute la partie liée à l’analyse vidéo. L’entraînement de rugby et la vidéo sont aujourd’hui un maillon essentiel de la performance dans le rugby professionnel. Il y a pris goût et a, une nouvelle fois, eu envie d’aller plus loin sur cette branche bien spécifique. C’est en devenant analyste vidéo d’une équipe féminine à XV qu’il a connu sa première expérience dans ce secteur.

« Je devais analyser le jeu de nos adversaires. J’ai pu mettre à profit mes connaissances de la partie vidéo de ma formation d’entraîneur au service de l’équipe de San Sebastian de los Reyes (banlieue de Madrid, NDLR) ».

Pour développer ce rôle d’analyste vidéo, le landais avait suivi une formation avec Serge Fourquet, analyste
de l’UBB pour la branche vidéo. Il constate que plusieurs clubs comme Clermont ou le Stade Toulousain
utilisent de plus en plus le Big Data.

« Ça a fait TILT dans ma tête ! Je travaille dans le secteur de l’informatique, je suis Project Manager sur des logiciels de ressources humaines. Alors développer mes connaissances dans le Big Data, et allier l’information et le rugby, est devenu une évidence pour construire un avenir qui me permette de vivre ma passion »

Toutes ces rencontres l’ont amené vers le Master Big Data spécialisé dans le Sport. Avec cette formation, orientée sur les données dans le sport, Olivier a bonifié et enrichit ses connaissances.

« Pour l’anecdote, sur un groupe de 70 étudiants de cette promo, j’étais le seul à venir du rugby, 3 ou 4 venaient du basket ou du handball, et tout le reste venait du monde du football. »

Cela confirme ce que nous savons déjà, à savoir que tous les sports passent après le football, qui est aujourd’hui hyper professionnalisé. Il y a donc une réelle opportunité pour les autres sports. Ils peuvent s’en inspirer et impulser une nouvelle manière de travailler et faire évoluer la performance dans leur sport.

« L’amélioration de la performance est un objectif de cette analyse de données. Mais il y a également d’autres paramètres importants à prendre en compte : la prévention des blessures et le Fan Engagement. Cette dernière est dédiée aux supporters qui remplissent les stades, particulièrement utile en ce temps de COVID. »

Concernant la performance, qui est le secteur de prédilection d’Olivier, quel est réellement l’utilité de l’introduction du Big Data dans le rugby. C’est une question sur laquelle s’est penchée notre analyste data :

« Il existe aujourd’hui de nombreuses données recueillies et d’autres encore possible à collecter. Elles permettent de sortir des évaluations subjectives, trop souvent biaisées et alimentent des décisions avec plus de discernement. En fonction des objectifs fixés, elles permettent d’acquérir un certain nombre de connaissances fiables. »

Grâce à ses différentes formations, Olivier est donc capable d’analyser ces données qui deviennent de précieuses connaissances pour améliorer les performances. Cela offre au staff technique une aide à la prise de décision et permet d’adapter sa stratégie en fonction des résultats réels, objectifs et analysés.

« Pouvoir réaliser un suivi sur plusieurs semaines d’une équipe, de manière collective, mais aussi individuelle permet d’évaluer objectivement les décisions prises. »

La situation rugbystique en Espagne

Comme nous l’avons souligné précédemment, Olivier est installé à Madrid depuis 25 ans. Il y a connu ses
premières expériences en tant qu’entraîneur. Cela permet d’avoir une vision d’ensemble de ce qui se fait
chez notre voisin ibérique.

« En Espagne, le rugby est considéré comme un sport amateur. Il n’y a pas de niveau professionnel. Sur les 12 équipes qui constituent le championnat de première division, on peut dire que 4 ou 5 équipes ont un statut semi-professionnel avec des joueurs sous contrat »

Le développement de ce sport tarde à se mettre en place car l’équipe nationale n’a participé seulement qu’à la Coupe du Monde en 1999. Avec un championnat assez faible, le rugby espagnol a du mal à franchir un palier supplémentaire. L’arrivée de Régis Sonnes manager de la sélection en 2010 a impulsé une nouvelle stratégie avec la Fédération Espagnole :

“La sélection espagnole – Los Leones – utilise des joueurs issus de son championnat domestique, des joueurs espagnols jouant à l’étranger mais aussi des joueurs d’ascendance espagnole de deuxième niveau. Ces derniers ont des grands-parents espagnols comme Gautier Gibouin (Soyaux-Angoulème), Guillaume Rouet (Bayonne), Charly Malié (Pau) et récemment Manuel Ordas (Bayonne) »

Cela a permis à la sélection de progresser en attendant qui sait, peut-être une possible participation à la prochaine Coupe du Monde en 2023 en France. Grâce à son expérience en tant qu’entraîneur sur le sol espagnol, Olivier nous dresse un premier constat de la place du rugby sur ce territoire :

« En Espagne, il existe des clubs qui possèdent beaucoup de licenciés. Par exemple, le Club de Rugby Liceo Francés de Madrid compte 570 licenciés toutes catégories confondues. Il y a 3 clubs de cette taille à Madrid, et d’autres aux alentours de Barcelone. Il y a un gros vivier de jeunes en Espagne et beaucoup de débutants découvrent encore cette discipline »

Le rugby reste encore trop minoritaire face aux autres poids lourds comme l’omniprésent football, le basket- ball ou le tennis qui comptent de grands champions. En termes de notoriété, budget et intérêt des populations, le sport ovale passe donc bien après les sports les plus démocratisés du pays. Mais le landais rappelle que le projet menait par la Fédération Espagnole de Rugby ne manque pas d’intérêt :

« Je pense que le rugby espagnol est plutôt en phase de projet tant qu’il n’y aura pas des clubs et une compétition médiatisés capables d’attirer de gros investissements au niveau national. La participation aux Jeux Olympiques des équipes à 7 peut être une des clés, mais il faudra encore attendre un peu : alors que les équipes Seven espagnoles (masculine et féminine) avaient participé aux JO de Rio en 2016, elles ne sont pas qualifiées parmi les 12 équipes aux JO de Tokyo en 2021. »

En entraînant plusieurs équipes dans des clubs à Madrid, Olivier a transmis à sa manière son savoir et son apprentissage du rugby. Même s’il est senti à l’aise en bord de terrain, aujourd’hui c’est bien derrière son ordinateur dans l’analyse de données qu’il souhaite s’orienter maintenant.

« Avec mon vécu d’ancien numéro 10, je veux accompagner un club ou une équipe à améliorer aussi bien les ressources stratégiques et tactiques, comme techniques, physiques et psychologiques de ses joueurs grâce à l’analyse des Datas.»

Olivier Hiquet reviendra sur son expérience en tant que Data Analyst dans notre prochain numéro de Vox
Player.

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